Je fais cette offre publique de dialogue. Ma conviction est qu’il faudrait que ce dialogue soit organisé, public, sans exclusive, pour que tous les Français puissent comprendre, au travers des échanges qui seront là mis en place, ce que pensent les familles politiques qui veulent une alternance, ce qu’elles pensent en commun et où sont leurs différences…
L’idée qui me paraîtrait bonne, je l’avance, c’est qu’on réunisse en quelque sorte avec tous ceux qui en sont partie prenante et qui sont intéressés, un parlement de l’alternance. Que chacun vienne avec ses idées, sujet par sujet, qu’on les expose, qu’on les confronte, sereinement, d’accord, pas d’accord, et qu’on le fasse devant les Français, publiquement, dans des séances accessibles à tous les citoyens.
Après, lorsqu’on saura clairement où sont les convergences et les différences, où sont les divergences et même les divergences irréductibles, lorsqu’on saura où elles se situent, quand il y aura des divergences de cette sorte sur un grand sujet, qui tranchera ? C’est très simple, ce sont les Français qui trancheront et c’est à cela que sert le premier tour des élections et notamment le premier tour des plus grandes élections. On dialogue, on confronte, on voit ce qui est d’accord et ce qui n’est pas d’accord, on expose ce qui n’est pas d’accord et ce sont les Français qui tranchent.
C’est la démocratie que nous proposons de reconstruire et il apparaîtra naturellement que chacun a son identité, ses priorités, son histoire et son style. C’est le pluralisme, le pluralisme nécessaire.
Chacun défend sa vision, son identité et son autonomie. Il n’y a pas de ralliement, il n’y a pas d’alignement. J’ai déjà dit en d’autres temps, ailleurs et à d’autres : si vous pensez tous la même chose, c’est que vous ne pensez plus rien.
Et ceci, c’est une déclaration de guerre au sectarisme parce que je veux, ayant fait cette offre publique de dialogue, lancer en même temps un avertissement pratique : tous ceux qui prendront la responsabilité de dire « nous n’avons rien à voir avec vous », qui que soit le « nous » et qui que soit le « vous », tous les sectaires, tous ceux qui diront « je n’accepterai de parler avec vous que le jour où vous m’aurez rallié, c’est-à-dire le jour où vous vous serez renié », regardez les biens tous ceux-là, en fait, ils travaillent, qu’ils le veuillent ou pas, pour que le régime actuel dure 10 ans en France !
Notre programme pour la France, j’y participerai comme militant de notre famille. Mais je voudrais, comme militant, proposer quelques axes qui me semblent pouvoir nous réunir et servir de fondation. Il y en a douze, en douze phrases :
1. l’alternance doit donner à la France un projet de société fondé sur la solidarité que j’ai expliquée entre concitoyens et entre générations.
2. il n’y a pas de solidarité sans liberté, les citoyens doivent être protégé dans leur liberté individuelle et leur liberté collective.
3. le principe de solidarité suppose que les efforts soient équitablement répartis, demander à chacun en fonction de ses moyens, notamment par la progressivité effective de la fiscalité.
4. le principe de solidarité exige de protéger et de restaurer, quand il le faut, pour le transmettre le patrimoine écologique terre, eau, atmosphère, climat, biodiversité.
5. le principe de solidarité exige de donner la première place dans l’action publique aux devoirs d’éducation en moyen et en exigences.
6. une société n’est viable que si elle permet authentiquement la mobilité sociale, l’accession aux situations de reconnaissance, d’influence et de responsabilité, les parcours de réussite, quel que soit le milieu social et culturel d’origine.
7. le pouvoir n’est pas une domination, il ne peut pas être un monopole. Les institutions doivent garantir à tous les citoyens une vraie représentation et un authentique et équilibre des pouvoirs. L’impartialité est un impératif catégorique de l’État républicain.
8. il n’y a pas de justice s’il n’y a pas d’indépendance de la justice.
9. l’économie ne doit pas assurer seulement la production de biens au plus bas coût, elle doit aussi assurer l’équilibre de la société par l’abondance du travail et la limitation des disparités de revenus.
La protection des citoyens dans leur travail et leur épargne exige la régulation notamment des marchés financiers et de l’univers bancaire.
10. la liberté d’entreprendre et la liberté d’entreprise sont les piliers d’une économie vivante. Les petites entreprises ont droit à une protection particulière.
11. l’Europe est un moyen précieux de notre influence dans le monde et du progrès de nos sociétés. L’Europe doit considérer que sa mission est de protéger l’intégrité des sociétés européennes et de leurs avancées sociales et pas seulement l’efficacité des marchés.
12. la France défend un ordre mondial fondé sur l’équilibre de la puissance, l’égale dignité des peuples et leur co-responsabilité dans leur obligation de développement.







